Pourquoi nous soutenons le spectacle « sans le savoir »

http://www.sans-le-savoir.com        Affiche_Sans-le-savoir_CDN_2015(1)

Il y a quelques mois, nous vous parlions de ce spectacle, qui s’appelait alors « un autre regard ». Deux représentations avaient été données au théâtre Berthelot de Montreuil en avril dernier. Je faisais partie des intervenants dans les deux débats (après-midi et soir) avec le public après le spectacle. Et Lydie Morel, orthophoniste, chargée d’enseignement et membre de Cogi’Act nous avait fait l’honneur de sa présence le soir, apportant son brillant concours au débat, et son éclairage informatif dans ses réponses aux questions du public.

Chez joue pense parle, nous avons eu la chance de faire la connaissance de Messaoud Azerou, chorégraphe de la compagnie Art’monie, alors qu’il était en cours d’écriture de ce spectacle. Lui qui était déjà un « ancien » du Hip-Hop, ayant participé à des tournées à travers le monde avait envie, cette fois, que la danse serve un propos, des idées, un combat même, peut-être ! Le sujet des écrans s’est imposé à lui alors qu’il cherchait des thèmes. Lui même père de deux enfants se questionnait sur l’omniprésence des écrans dans sa famille, dans les familles en général. D’articles en études scientifiques, il a eu envie de raconter, de dénoncer l’impact des écrans dans nos vies et celles de nos enfants. Notre entente fut immédiate. Chez joue pense parle aussi, le sujet des écrans s’est imposé à nous ! Nous, dont le propos de prédilection est le jeu chez l’enfant, le jeu comme moyen des prévention des troubles et retards de construction de la pensée, du langage et des apprentissages, avions fait l’amer et inquiétant constat que les écrans sous toutes leurs formes (télé, tablettes, ordinateurs, smartphones) introduits massivement de plus en plus tôt dans la vie de l’enfant lui volent son temps de jeu, d’exploration et de réelles interactions.

Nous avons assisté à la première de ce spectacle, en 2014. Nous l’avons vu évoluer, grandir, revenir sous une forme plus concise, forte, percutante, en avril dernier.
Lors de la représentation du 27 octobre au CDN de Montreuil, Carole Vanhoutte (1) et moi avons à nouveau été frappées par la force de ce spectacle. L’écriture est rythmée, danse et comédie s’enchainent. A travers les personnages d’un adolescent, et de sa famille, nous sommes amenés à nous questionner devant ces gens qui se déshumanisent, l’enfermement des idées, les émotions et comportements dictés par la machine, les interactions humaines qui disparaissent… avec en toile de fond l’omniprésence du temps. Le temps que nous y consacrons, le temps qui nous est volé : 12 années entières de notre vie, jour et nuit, selon les statistiques révélées dans le livre « TV Lobotomie » de Michel Desmurget, auquel le spectacle se réfère entre autres sources.
Nous sommes admiratives de l’énergie déployée sur scène, par de jeunes danseurs et comédiens, qui portent le message, l’ont endossé, et le servent avec leurs corps et leurs voix pour nous toucher, nous déranger même, parfois. La bande son est soignée, efficace, et le Hip Hop sert particulièrement bien ce propos.

Un grand bravo à la ville de Montreuil qui a soutenu et permis plusieurs représentations de ce spectacle !
Qui seront les prochains politiques qui auront le courage de le programmer ? Et d’aborder ainsi la question des écrans dans nos vies et celles des enfants ? Qui écoutera les voix des professionnels de l’enfance et de la santé qui s’élèvent de plus en plus nombreuses (2) pour alerter et informer sur ce sujet ? Nous sommes en effet nombreux à considérer qu’il s’agit maintenant d’une question de santé publique, et donc qu’il revient aux politiques de s’en saisir et d’agir.

Le spectacle vivant, que prône d’ailleurs Boris Cyrulnik comme étant l’une des meilleures façons de recréer du tissu social (3), est une possibilité pour tous, enfants, adolescents, adultes, de vivre nos émotions humaines, le temps d’une représentation, et d’avoir accès à une pensée nourrie des expériences que l’on vit, que l’on partage, et que l’on met en mots ensemble, sur le moment ou plus tard.

Vous qui souhaitez interpeller sur cette question de l’impact des écrans sur le développement de l’enfant, sur les interactions familiales, sur notre liberté de penser et d’agir, sur notre santé, allez à la rencontre des décisionnaires, des programmateurs, des politiques, des directeurs de collèges et de lycées, le spectacle « sans le savoir » est un excellent média pour démarrer une réflexion et un échange sur ce sujet, avec des adolescents, des adultes, et même des familles avec enfants !

Chez joue pense parle, nous sommes convaincues que la surexposition aux écrans est un fléau qui retarde ou bloque les acquisitions de l’enfant en perturbant des comportements humains de communication.
C’est pourquoi nous sommes engagées auprès de la Compagnie Art’Monie et soutenons leur spectacle « sans le savoir ».
Il s’agit pour nous d’un engagement à la fois professionnel et citoyen.

Elsa Job-Pigeard pour joue pense parle

(1) Nous sommes trois co-fondatrices. Florence Lerouge, basée à Lyon, est la troisième

(2) Tribune dans le journal « le Monde » du 14.09.2015, sur l’initiative de Sabine Duflo, psychologue : « Les tablettes, à éloigner des enfants », signée par plus de 50 professionnels de l’enfance, de la santé, ou enseignants.
http://www.lemonde.fr/sciences/article/2015/09/14/les-tablettes-a-eloigner-des-enfants_4756882_1650684.html

(3) http://www.europe1.fr/mediacenter/emissions/l-interview/sons/boris-cyrulnik-l-interview-integrale-2346611

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